DERRIERE LA PORTE - CREATION:


Les dessous des Titres de chapitre ( Part 1 )

21 Mars 2022 - Ecrit par Emmanuel Bourgoin


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Comme beaucoup d’entre vous le savent, j’aime régulièrement aborder un chapeau quand je sors. Je vous dis cela, non pas pour vous parler de la sensation que cela me procure, ou encore de l’historique de sa présence sur ma caboche, mais tout simplement parce que je trouve que cette phrase introductive peut me permettre de faire le parallèle avec le sujet de ce Made In.

En effet, dresser un chapeau sur la tête est un peu la même chose que hisser un titre au-dessus d’un chapitre. Quand je complète ma tenue vestimentaire par un chapeau, il propose par sa présence une sorte d’état d’esprit via sa matière, sa forme, sa couleur. Quelque part, le chapeau est un reflet de ce que je suis dans le moment présent. Et j’aborde la conception des titres de chapitre un peu de la même manière.


Cependant, nous pouvons nous demander si un auteur est obligé de mettre un titre à ses chapitres.

Je pourrais facilement répondre : non, comme je ne suis nullement contraint de couvrir ma tête d’un chapeau pour sortir. Et si on pousse la réflexion, on constate qu’un écrivain peut évidemment faire ce qu’il veut concernant son ouvrage. Certains d’entre eux feront des phrases sans ponctuation. D’autres préféreront une découpe par parties, quelques-uns emploieront une narration de tel ou tel style, ou certains d’entre eux mettront ou pas de de titre à leurs chapitres.

En fait, tout dépend de la structure que l’auteur souhaite présenter quand il vous partagera son livre. En ce qui me concerne, j’ai, à date, toujours proposé mes romans avec un ensemble de chapitres. Cependant, et comme vous l’avez remarqué, chaque livre que je vous ai exposé à sa propre règle relative au titre des chapitres dévoilés.


Quand on parle de chapitres, on revient immédiatement à la présentation de celui-ci.

Un chapitre peut juste être énoncé par un simple numéro comme : 1. 2. 3. etc.

Ou encore par : Chapitre 1. Chapitre 2. Chapitre 3. etc.

Une autre variante : Chapitre Premier. Chapitre deuxième. Chapitre Troisième. etc.

Il y a évidemment une quantité d’alternance sur le sujet. On peut remarquer que certains livres ont des chapitres qui ne proposent pas une page de garde et qui se distinguent simplement au cœur même d’une partie par une séparation s’incarnant par, là encore, un numéro, ou bien par des symboles comme une étoile (ou plusieurs d’affilés) ou une vague ou encore des croix ou bien une sorte d’emblème ayant directement rapport avec l’histoire racontée.

Plus haut, j’annotais : « qu’un écrivain peut évidemment faire ce qu’il veut concernant son ouvrage ». Je rectifierai en ajoutant que l’auteur est plutôt maitre du sens de l’ouvrage qu’il transmet aux lecteurs. Pour être un peu plus clair, je dirai qu’il doit faire un choix crucial quand il structure le récit qu’il s’apprête à partager. Un choix qui doit être le reflet de sa composition.


    Pour mon premier roman, Frères de Savoriur, j’ai opté pour l’option de ne pas mettre de titre à mes chapitres. Pourquoi ? Parce que je n’en voyais pas l’utilité et que je n’en éprouvais pas le besoin. À bien y réfléchir, cette absence de titre peut aussi s’expliquer par l’affichage des trois parties qui agencent le roman. Chacune d’entre elles étant là, titrée, je pense que cela aurait fait trop d’informations si les chapitres présentaient eux aussi une appellation.

J’ai donc opté pour une présentation de chapitres sous la forme suivante : Premier chapitre. Second chapitre. Troisième chapitre. Etc.

Pourquoi ? Parce que j’en avais envie et que cela s’était imposé à moi lors de mes séances d’écriture. Et que quelquefois, il ne faut pas intellectualiser ses envies ! Cependant, une chose est certaine, je pense garder cette présentation de chapitre pour tous mes romans se déroulant sur l’univers de Milia Facia afin de conserver une cohérence entre chaque livre.


    Pour mon second ouvrage, Facettes et Luminen, celui-ci étant un recueil de nouvelles, je n’ai pas là encore éprouvé le besoin de titrer les chapitres.

D’ailleurs, dans une volonté de ne pas dénaturer la composition même des nouvelles, je n’ai pas souhaité les chapitrer. Mais pour donner toutefois une respiration à la lecture, j’ai opté pour des sous-chapitres qui se séparaient par l’un des symboles que je vous présentais plus en amont dans cet article : la vague. Et pour être plus précis, j’ai même mis trois vagues d’affilées : ≈ ≈ ≈

là encore, on peut se demander pourquoi un tel choix ? Pourquoi les vagues ?

Et je pourrais répondre parce que j’aime la mer, la tranquillité du ressac, le reflet de la lumière sur la mouvance de l’eau. Ou bien parce que ce symbole fait écho aux deux nouvelles présentées : la première se déroulant dans une cité lacustre (donc là où il y a de l’eau) et la seconde décrivant un cadre maritime (où il pleut pas mal, en plus). J’ai peut-être aussi utilisé ces vagues par hasard ou encore parce que j’aime savoir qu’il faut faire une combinaison de touches sur le clavier pour les faire apparaitre (le symbole vague n’est pas indiqué sur mon clavier).

Ou tout simplement, encore une fois, parce que j’en avais envie et que cela s’était imposé à moi lors de mes séances d’écriture. Qui sait ?


    Pour mon troisième roman, « Derrière la porte », la question du titrage des chapitres s’est imposée dès le début.

Le style de la narration, le sens même de cet ouvrage imposait de par sa présence un titre à chacun des chapitres.

Et qui dit titres, dit questionnements car un intitulé se doit d’être spécifique au chapitre, il ne doit pas vendre la mèche tout en reflétant l’esprit même de ce qui va être raconté dans les quelques pages qui vont suivre. Je pourrai même dire qu’il doit créer un lien avec le reste du roman, amener une atmosphère, intriguer le lectorat, ne pas être redondant, superflu...

Ces interrogations sont importantes, il est vrai, mais encore une fois, je peux dire que les titres se sont presque imposés à moi comme une évidence. (Le cheminement du choix d’un intitulé de chapitre ressemble très fortement à mon approche de baptiser un de mes ouvrages : cf. article du blog)

Cependant, pour une partie des titres de chapitres de Derrière la porte, je souhaitais y cacher un message qui raisonnait tel un véritable écho au chapitre présenté ou plus particulièrement à l’auteur que je suis, aux références que j’aime, à l’humour qui peut me caractériser, simplement aux choses qui m’ont amenée à écrire.


Bon, ceci étant dit, et afin de mieux comprendre ma démarche, je vais tenter de détailler cette approche en vous citant et en vous expliquant un échantillon de certains titres de Derrière la porte :

Chapitre 2 : Premier Contact


Je fais nettement référence avec ce titre au film de Star Trek : Premier Contact. Évidemment, il n’y a aucun rapport en soi entre Squitty et Star Trek sauf ce moment du premier contact qui fut décisif dans le film pour l’avenir des humains et décisif pour Squitty dans le roman pour les décisions qu’il allait prendre.

Un premier contact est pour moi très important. Ayant fait des études d’histoires et aimant le cinéma, je repense souvent au film de Ridley Scott : 1492 où sous la musique de Vangelis, Christophe Colomb débarque sur une ile des Bahamas foulant la première fois ce rivage pour ensuite rentrer en contact avec les aborigènes. L’Histoire était en marche.

Quand vous ouvrez un livre d’un auteur qui vous est inconnu, c’est aussi un premier contact. Une rencontre. Une sorte d’observation mutuelle. Et que dire de Squitty, qui prend pour la première fois contact avec les humains ? Nous y voyons le début d’une grande aventure qui allait se profiler pour notre ami le rongeur.

Oui, le premier contact est une étincelle qui démarre un moteur, qu’il soit à distorsion, qu’il soit un vent gonflant dans les voiles d’une caravelle ou encore dans l’entendement de deux individus.

Vous trouverez la suite et fin de ces explications dans le prochain Made In.


A très vite.


Enjoy !

Chapitre 4 : La beauté de l’ennui


On m’a toujours dit que de s’ennuyer était une belle chose. Que cela pouvait m’amener à contempler. À réfléchir sur soi. À respirer. À prendre du temps. À apprécier ces moments de latence entre deux actions. À parcourir l’être que nous sommes plutôt que de faire pour juste faire.

On décrit souvent l’oisiveté comme une chose négative. Mais sans ces occasions de pause pourrions-nous découvrir ce chat sous l’œil de Baudelaire ? Pourrions-nous remarquer ce visage, ce sourire, cette main ? Pourrions-nous respirer la fragrance d’une fleur dansant avec la brise du soir ? Pourrions-nous nous connecter au vivant, à nous-mêmes, à notre passé, à notre présent et préparer ainsi notre futur ? Pourrions-nous d’ailleurs fréquenter notre propre curiosité ?

L’ennui est un vide. Un grand vide dont notre vie contemporaine tente d’effacer, d’éradiquer par des occupations successives, par des notifications continuelles, et qui quelque part, nous empêche de penser.

Alors que ce vide ne demande pas d’être réduit, ou à disparaitre, mais à être apprivoisé comme ce renard dans le Petit Prince afin de transformer ce vide en une certaine matière comme l’émerveillement, la liberté et la créativité. Car l’ennui est souvent le prequel d’une belle naissance.

Alors oui, l’ennui est beauté. Mais, comme le narrateur du roman le dit : « s’ennuyer un peu, c’est bien... tout le temps c’est... enfin, vous comprenez ! »





Chapitre 5 : Babel


Il y a de multiples histoires qui présentent Babel. Elles sont toutes très intéressantes et elles apportent une vision éclatée de ce que l’humain peut interpréter. Je trouve ces versions très riches en enseignement. C’est sous cette façon de penser que j’ai constitué ce chapitre afin d’amener Squitty à comprendre que le monde dans lequel il gravitait n’était pas simplement binaire avec : juste une approche de son écosystème et des personnes notant les disparités que peut comporter l’existence.

C’est l’une des forces de Babel. Avoir plusieurs points de vue, être doté d’un recul pour pouvoir représenter le monde sous différents angles. D’ailleurs, l’histoire de la punition divine obligeant l’Homme à ne plus parler la même langue pour ainsi ne pas se comprendre est, en ce qui me concerne, une bénédiction. Car, ne sommes-nous pas riches de nos disparités ? Et l’Homme sait

parfaitement positiver les difficultés qu’il rencontre tout comme Squitty qui s’aventura sur le sentier de l’apprentissage des langues humaines.

Chapitre 8 : La même langue


Pour ce titre, je me suis amusé à un jeu de mots. Dans ce chapitre, le lectorat fait connaissance avec un chat qui comprend et est compris de Squitty.

Cela m’égayait de me demander si Squitty allait donc donner sa langue au chat.





Chapitre 10 : Il est frais mon poisson


Le clin d’œil est là flagrant. C’est une référence peu subtile à l’œuvre de Goscinny et Uderzo

relatant « les aventures d’Astérix ». Je dois dire que j’aime beaucoup la relation bagarreuse entre Cétautomatix, le forgeron et Ordralfabétix, le poissonnier.

Quand je rentre sur un marché et que mes oreilles entendent : « il est beau poisson, il est frais mon poisson ! » je pense de suite à Ordalfabétix et je cherche presque inconsciemment le forgeron à la répartie cassante. Mais bon, généralement, il n’y a pas de forgeron sur les marchés contemporains. Toutefois, je ne pouvais pas situer un chapitre se déroulant sur un marché sans m’égayer à penser à Asterix.

Chapitre 12 : Osselets


C’est un jeu qui était encore assez développé lorsque j’étais enfant. Je me souviens même en avoir eu en ma possession, de les tenir ainsi en main et de me demander quoi en faire.

Je crois que je n’ai jamais joué réellement aux osselets préférant de bien loin les billes et leurs éclats d’agate et d’œil de chat. Pourtant, j’ai longtemps gardé ces morceaux de plastiques représentant des petits os de mouton sur l’une de mes bibliothèques de ma chambre. Pourquoi ?

Je n’en sais encore aujourd’hui rien. Peut-être que j’estimais ces objets inquiétants, mystérieux, voire vraiment étranges.

En tout cas, c’est surement pour cette raison que je les ai mis dans les mains du personnage de la dame au dos courbé. Je trouve que la forme des osselets me fait un peu penser à elle physiquement. Et quoi de plus surprenant qu’une vendeuse de jouets possédant des osselets divinatoires ?





Chapitre 20 : Mots mouvants


J’aime particulièrement la mouvance des mots, leurs évolutions, le sens qu’ils prennent dans notre société. J’aime leurs mutations et leurs racines. J’aime l’explication qu’apporte l’étymologie et la déviance de leur propre définition. J’aime la transfiguration des mots dans les poèmes. J’aime voir leurs caracoles sur les pages d’un roman. J’aime les paroles de cette chanson de Jean Jacques Goldman tiré de son album « Entre gris clair et gris foncé »:


« Tu parles, parles, c’est facile, même sans y penser

Les mots, les mots sont immobiles, triés, rangés, classés

Laisse aller, laisse-les jouer

Se cogner, te séduire

Sensualiser, te bouger

Quand ça ne veut plus rien dire

Swinguer les mots, les mots sans ça

On va les rétrécir

Swinguer les mots, ne surtout pas

Toujours les réfléchir


Les mots, l’émo, l’émotion vient

Les mots font l’émotion

Coûte que coûte, écoute les bien

Rythmer nos déraisons

Les sons, les sons, laissons-les rire

Faut pas les écouter

Juste pour éviter le pire

On va les déchainer »


Dans ce chapitre, le livre sur lequel Squitty grimpe possède des mots bien curieux et, littéralement, ils sont réellement mouvants. Tout du moins, c’est mots que notre ami le rongeur pense les voir.

Chapitre 21 : Maux de la mémoire


Bon, avec ce titre, j’ai tout d’abord voulu faire un pont entre le précédent chapitre et celui-ci :

« Mots mouvants » et « Maux de la mémoire » en utilisant un homonyme.

La richesse des langues permet de belles combinaisons qui ne sont pas à bouder, bien au contraire.

Alors que dans ce chapitre, je fais découvrir à Squitty une partie du passé des Êtres Pensants, je souligne, par ce titre, que l’oubli et la facilitation de l’Histoire sont de véritables maux pour notre mémoire. Car, comment pouvons-nous avancer sans comprendre notre passé, tout ce qui nous construit ? Le personnage de Squitty l’assimile à ce moment même de l’histoire.

L’oubli (qui ne se limite malheureusement pas seulement à l’Histoire) est pour moi un des plus terribles maux. Ne plus se souvenir de soi-même, oublier ce qui nous construit, empêche les personnes de se projeter dans un avenir et de continuer à devenir ce qu’ils pourront être.





Chapitre 22 : Il était une fois


Mon enfance a baigné de multiple fois avec ce genre d’introduction lorsque j’abordais des contes, des histoires ou même des animations. Cette phrase me projetait sans ménagement dans des mondes inconnus où le voyage me paraissait à chaque fois merveilleux.

En citant cette phrase, je ne peux m’empêcher de songer à tous ces titres qui l’utilise comme : « Il était une fois l’Amérique » ou « il était une fois la révolution » ou encore ces superbes séries de mon enfance « Il était une fois l’Homme », « Il était une fois l’espace » et « Il était une fois la vie ».

Il était une fois... Je trouvais très intéressant de glisser cette phrase à cet instant du récit du roman Derrière la Porte. Comme annoncé précédemment, « il était une fois » est une phrase qui se présente généralement en début des ouvrages. Mon envie de la faire intervenir au cœur même de l’intrigue veut démontrer qu’il y a toujours quelque chose que nous pouvons apprendre pour la première fois n’importe quand n’importe où.

Chapitre 23 : Il était une seconde fois


Après une première fois, il y a très souvent une seconde fois (au moins pour les bonnes choses, du mois je l’espère).

Plus sérieusement, quand une porte s’ouvre sur quelque chose que l’on découvre et que l’on a apprécié, il n’est pas rare de vouloir continuer à creuser le sujet. Les premières expériences nous invitent à affiner notre curiosité.

Alors qu’il est courant de voir « il était une fois » dans des ouvrages, de rencontrer la phrase : il était une seconde fois, est beaucoup plus rare.





Chapitre 27 : Ackbar


Le titre clame par lui même que les protagonistes de ce chapitre allaient tomber dans un piège. Encore fallait-il comprendre l’allusion (alambiquée, peut-être) que l’intitulé annonçait.

Ackbar.

C’est le nom d’un personnage de la trilogie Star Wars d’origine. Plus spécifiquement, c’est un amiral Mon Calamari allié à la rébellion. Lors de l’assaut de la bataille d’Endor (Retour du Jedi), il se rend compte que la flotte rebelle se précipite dans un piège :

« It’s a trap! » (C’est un piège !) cria-t-il pour prévenir ses coéquipiers.

Chapitre 28 : L.A.B et L.A.B


Avec les homonymes Maux et Mot, que nous avons vus plus haut, je trouvais intéressant de faire dire à la même abréviation deux choses totalement différentes selon le contexte de l’histoire pour appuyer les caractères et les décisions de deux personnages du roman.

Ligue Accompagnatrice des Baptisés.

Ligue Anti Baptisés.

En un sigle, je souhaitais faire comprendre au lectorat la dualité qui animaient ces protagonistes, le positionnement qu’ils pouvaient prendre, la soumission qu’ils s’infligeaient par dépit ou bien par méchanceté tout en montrant, d’une certaine façon, qu’une seule facette de leur personnalité. Car oui, qu’est-ce qui différencie un L.A.B d’une L.A.B ?




Chapitre 30 : Fight !


Là encore, c’est un éclat de lumière se réverbérant sur l’emballage d’un bonbon de mon enfance.

Je me souviens de ce troquet du coin où claquaient les jambes fixes des joueurs de babyfoot, tintaient les billes d’acier du flipper, et ronronnait cette grosse boite rectangulaire deux fois plus haute que moi. Sur un écran bombé aux couleurs presque criardes s’animaient des combattants.

Glissant une pièce dans la fente, il ne me restait qu’à prendre la manette d’une main, appuyer les combinaisons sur les boutons, et me préparer à l’affrontement alors que l’arcade criait le « Fight! » si typique du jeu Street Fighter.

Dans le roman, Squitty s’engage dans son premier combat physique, prêt à en découdre même s’il ne pouvait pas encore deviner la finalité de son « Fight ».